LE CRIEUR DE NUIT

 

de Nelly Alard

aux éditions Folio

 

Quatrième de couverture:

«J'ai appris la nouvelle ce matin, en écoutant le répondeur. Isa disait : Papa est décédé. Je me suis fait couler un café et je l'ai rappelée, puis j'ai composé le numéro d'Air France. Thierry est entré en bâillant, m'a regardée et a dit : Qu'est-ce qui se passe ? J'ai répondu : Papa est mort. Isa dit : décédé. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que l'idée de la mort m'accompagne, je ne dirais pas qu'elle m'est devenue familière, non, mais j'ai quand même le droit de l'appeler par son nom. Tu es mort. Enfin.»

 

La chronique de Lisa McLivres:

 

"La mort est là, devant moi, et elle me fait moins peur que toi quand tu étais vivant."


Voilà à peu de choses près, la réaction de Sophie une fois devant le cercueil de son père pendant sa veillée funèbre. Ca en dit long sur leurs rapports...
Nelly Alard, pour son 1er roman, traite d'un sujet difficile et au combien tabou du pouvoir despotique d'un individu sur d'autres, lorsqu'il n'y a pas violences physiques et donc que l'entourage ne voit pas ou ne veut pas voir.
Cette autorité extrême et manipulatrice qu'un père fait subir à toute sa famille.


Sophie raconte à son père décédé (mort, comme elle le dirait elle même) comment s'organise ses obsèques et en profite pour se rappeler certains moments de son enfance. C'est poignant... Ce n'est jamais pour se plaindre qu'elle raconte les humiliations, les peurs, les harcèlements et la cruauté qui ont "bercés" son enfance. Elle les raconte c'est tout. Chez eux ça se passait comme ça, point.


Ce sujet me touche personnellement, et je pense qu'il faut avoir baigné dans cette ambiance pour partager à 100% les émotions de Sophie et comprendre que bien souvent le pardon rime avec la mort. C'est comme ça.


Mais je conseille ce "petit" roman (mais grand en émotions) à tous, et j'espère que Nelly Alard va réussir à en émouvoir encore beaucoup d'autres et sortir un peu de cet anonymat...