TATIANA ET ALEXANDRE

 

Tatiana et Alexandre (Tatiana et Alexandre, #2)

de Paullina Simons

aux éditions Pocket

 

 

Quatrième de couverture:

À 11 ans, Alexandre Barrington quitte pour toujours les États-Unis. Ses parents, militants communistes, ont choisi de s'installer en URSS. Là-bas, il vit dans la misère, entre un père entièrement dévoué à son engagement politique et une mère qui sombre dans l'alcool. Il entrevoit enfin le bonheur le jour où il rencontre Tatiana avec laquelle il vit un amour absolu. C'est alors que la Seconde Guerre mondiale éclate. Menacé de mort à cause de ses origines américaines, Alexandre doit se sacrifier pour sauver celle qu'il aime. Laissant son amant aux mains de l'armée Rouge, Tatiana embarque seule pour New York où elle met au monde leur fils. Au plus profond d'elle-même, elle sait Alexandre toujours vivant. Mais quel avenir un monde déchiré par les conflits peut-il leur offrir ?

 

La chronique de Lisa McLivres:

Il m’aura fallu presque un an pour pouvoir me replonger dans la magnifique et douloureuse histoire d’amour de Tatiana et Alexandre. Le premier tome était si chargé en émotions que je n’avais pas pu enchainer tout de suite avec le deuxième. C’est maintenant chose faite, et c’est une nouvelle fois avec passion que j’ai repris le cours de leur aventure.

Je m’étais arrêtée au moment poignant de leur séparation. Tatiana, enceinte, s’enfuit de Russie en croyant Alexandre mort. Ce dernier persuadé qu’il va être exécuté pour haute trahison par le NKVD veut savoir Tatiana et son enfant en sécurité.

Même en ayant lu de premier tome il y a longtemps, on se remet très vite dans l’histoire car le récit reprend une bonne partie de l’histoire avec le point de vue d’Alexandre. Ici, nous découvrons chapitre après chapitre l’histoire personnelle d’Alexandre depuis son arrivée en Russie lorsqu’il avait 11 ans,  avec ses parents qui ont décidé de quitter l’Amérique pour vivre selon leur principe, le communisme. Parallèlement à cela, nous suivons également l’histoire d’Alexandre et de Tatiana à partir de cette année 1943 qui a marqué leur séparation.

Nous découvrons ainsi les premières années, au combien difficiles, d’Alexandre en Russie avec ces rencontres qui vont changer le cours de sa vie : Dimitri son compagnon et son pire ennemi à la fois, Dasha la jeune femme qu’il va rencontrer dans un bar un soir, et enfin Tatiana cette jeune fille vêtue d’une robe blanche à fleurs rouge qui va croiser son chemin lors d’une patrouille dans Leningrad et dont il va tomber irrémédiablement amoureux.

Ce tome est toujours aussi intense bien qu’il soit moins romanesque. Les deux héros étant séparés par un océan, et chacun d’eux sont dans une situation difficile, il est donc ici moins question de passion et de romance. Mais n’allez pas penser que nos émotions soient moins exacerbées à cause de cela ! La vie, ou plutôt la survie, que mènent Tatiana et Alexandre nous bouleverse tout autant.

Là où j’ai trouvé ce tome passionnant, c’est pour son côté très historique. Au fil des aventures d’Alexandre, j’ai découvert beaucoup de choses sur la Seconde guerre mondiale du point de vue des Russes. Paullina Simons nous décrit encore une fois avec brio ce qu’était la guerre sur le front Russe, avec des descriptions qui vous plonge malgré vous au milieu des combats, des arrestations, des maladies, de la mort. Imaginez des soldats si peu armés par leur gouvernement qu’ils doivent se battre en binôme avec un seul fusil que l’un arrache à l’autre lorsqu’il tombe sur le champ de bataille. Imaginez des soldats qui servent leur pays contre la folie d’Hitler et qui sont accusés de haute trahison lorsqu’ils sont faits prisonniers. Imaginez des camps d’exterminations allemands transformés en prison par les Russes qui y enferment, laissent mourir et tuent des compatriotes qui se sont battus à leurs côtés.

Alexandre va vivre tout cela, avec la force et la détermination de celui qui ne rêve que d’une chose, retrouver la femme qu’il aime.  Mais les années de guerre, de privations et de tortures qu’il va connaître vont  anéantir tous ses espoirs. Depuis le premier tome, on sait qu’Alexandre est quelqu’un d’extrêmement fort et déterminé, mais de le voir subir tout ce qu’il subit ici est déchirant. On souffre pour lui et on espère une fin heureuse. Si seulement…

Tatiana réussi à fuir vers l’Amérique où elle donnera naissance à leur fils. Elle va tenter de vivre pour cet enfant, avec une plaie de douleur et de peine béante qui ne se refermera jamais. Avoir perdu Alexandre est la pire chose qui pouvait lui arriver, et seul son fils lui donne une raison de continuer à vivre. Et puis un jour l’espoir renaît et elle n’aura de cesse que de retrouver Alexandre.

Dans ce livre, la question que l’on se pose c’est de savoir si en vivant toutes ces choses atroces et éprouvantes nos héros vont réussir à garder leur humanité. Qu’arrivera t il s’ils se retrouvent un jour après tant d’années de séparation et de survie ? Comment Tatiana pourrait pardonner à Alexandre de lui avoir menti sur sa mort pour qu’elle n’essaie pas de le retrouver ? Comment Alexandre réussira à retrouver un semblant de vie normale après tout ce qu’il a vécu ? Pourront-ils s’aimer à nouveau comme avant ou bien leur histoire d’amour est-elle vouée à l’échec ?

Peut-être le sous-titre du premier tome nous révèle être plus clair à la fin de ce deuxième tome : « Le roman d’une passion impossible ».

 

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