PHEDRE

 

 

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Pièce de Jean Racine

Mise en scène par Michael Marmarinos

 

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 Distribution:

Cécile Brune: Panope, femme de la suite de Phèdre
Eric Génovèse: Théramène, gouverneur d’Hippolyte
Clotilde de Bayser: Œnone, nourrice et confidente de Phèdre
Elsa Lepoivre:  Phèdre, femme de Thésée, fille de Minos et de Pasiphaé
Pierre Niney: Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope, reine des Amazones (en alternance)
Jennifer Decker: Aricie, princesse du sang royal d’Athènes
Samuel Labarthe: Thésée, fils d’Egée, roi d’Athènes
Benjamin Lavernhe: Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope, reine des Amazones (en alternance)

Emilie Prevosteau:Ismène, confidente d'Aricie

 

Mise en scène: Michael Marmarinos

Assistante à la mise en scène: Alexandra Pavlidou

Collaboratrice artistique et interprète: Myrto Katsiki
Scénographie: Lili Pézanou
Costumes: Virginie Merlin
Lumières: Pascal Noël
Musique originale et réalisation sonore: Dimitris Kamarotos
Musique enregistrée: Quatuor ENEA
Images du spectacle filmées par: Nikos Pastras

 

L'histoire:


Fille de Minos et de Pasiphaé, Phèdre lutte en vain contre la passion qu’elle éprouve pour Hippolyte, le fils de Thésée dont elle est l’épouse. Épuisée et culpabilisée par ses sentiments qu’elle ne contrôle pas, elle cherche par tous les moyens à l’éloigner d’elle. Ce beau-fils, adulé et rejeté, a l’intention de quitter Trézène pour partir à la recherche de son père disparu pendant la guerre de Troie, fuyant aussi par là son propre amour pour Aricie, soeur des Pallantides, clan ennemi. La mort que Phèdre implore pour expurger son crime sera retardée par l’annonce du retour de Thésée, après qu’elle a dévoilé ses sentiments à Hippolyte. Maudissant son fils qui l’aurait outragé, Thésée apprend trop tard son innocence – de la bouche même de Phèdre qui meurt à ses pieds.

 

 

La chronique de Lisa McLivres:

 


Phèdre de Racine est, je crois, ma tragédie classique préférée. Autant dire que je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de la voir se jouer à la Comédie Française, où cette pièce a été jouée pour la dernière fois en 1995. Lieu magique pour une œuvre magnifique.

Michael Marmarinos, le metteur en scène, a choisi une ambiance moderne type années 40 pour présenter cette œuvre. Le décor unique qui servira pour toute la pièce est sublime. Sobre, très peu décoré mais avec des portes fenêtres qui donnent sur un balcon qui surplombe la mer. Ici va donc se jouer le funeste sort de Phèdre et d’Hippolyte.

 

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Les comédiens sont parfaits et nous offrent une représentation à la hauteur de nos espérances tant ils sont habités par leurs personnages. Impossible de ne pas voir leurs larmes lors des tirades les plus intenses.

J’étais également très impatiente de voir sur scène au sein de cette magnifique troupe, le jeune Pierre Niney (qui joue Hippolyte) que l’on voit partout au cinéma depuis quelques mois. Il est tout simplement époustouflant ! Son jeu est juste, son implication est visible et ses émotions palpables. Il incarne à la perfection ce fils de roi dont la mère est une Amazone et par qui il tient les gènes de la sauvagerie, attaché plus que tout à son père mais en quête de batailles et de victoires. Il est vraiment bon et tout à fait à l’aise face aux autres comédiens plus expérimentés.

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Ce sont d’ailleurs surtout les rôles masculins qui m’ont interpelés. Avec Hippolyte, il y a également Thésée (Samuel Labarthe) et Théramène (Eric Génovèse) qui jouent à la perfection. Théramène est touchant par sa relation presque paternelle qu’il a avec Hippolyte, et Thésée est impressionnant de charisme. Les échanges Théramène/Hippolyte, Hippolyte/Thésée et Thésée/Théramène sont magnifiques.

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Elsa Lepoivre qui joue Phèdre est également poignante lorsque la rage la prend et qu’elle hurle sa douleur. Sa douleur  face à son amour punissable pour son beau-fils et celle face aux effets de ses confidences ou de ses mensonges.

Bien que la pièce soit dans son ensemble excellente, j’ai quand même eu un peu de mal avec le choix de la mise en scène de Michael Marmarinos. Certains éléments m’ont semblés dispensables, notamment ce transistor qui émet tout au long de la pièce un son grésillant qui parasite quelque peu les dialogues des comédiens. Surement y a-t-il une raison à ce choix, mais je ne l’ai modestement pas compris… Cette pièce est également jouée dans la salle Richelieu qui a été fermée au public pendant un certain temps pour des travaux d’amélioration notamment au niveau du son, mais je dois dire que j’avais la chance d’être placée au cinquième rang de l’orchestre, et même comme cela parfois les voix des comédiens sont à peine audibles dès qu’ils s’éloignent, alors j’imagine au fond de l’orchestre ou des balcons…

C’est toutefois ravie que je suis sortie de ce magnifique théâtre, après avoir vu des comédiens au top qui ont magnifiquement transmis la force du texte de cette pièce que j’adore. Phèdre reste une des tragédies les plus … tragiques. Un regret ? J’espérais un jour voir sur scène une représentation de Phèdre en costumes de l’Antiquité, qui pour moi se rapprocherait plus du texte avec toutes ses références sur la mythologie grecque, mais ce ne fût pas encore pour cette fois ci ! Un jour peut être… et avec les mêmes comédiens, ce serait parfait !

 

 

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